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Servitudes occultes : quels sont les droits de l'acquéreur ?

Servitudes occultes : quels sont les droits de l'acquéreur ?

Publié le : 13/02/2026 13 février févr. 02 2026

Lors de l’acquisition d’un bien immobilier, l’acheteur peut découvrir l’existence de servitudes dont il n’avait pas connaissance au moment de la vente. Ces servitudes dites occultes, parce qu’elles ne sont ni apparentes ni déclarées, peuvent limiter l’usage du bien et en affecter la valeur. Leur découverte après la signature de l’acte peut donc constituer une source de litige entre l’acquéreur et le vendeur.

Face à une servitude occulte, l’acquéreur dispose de droits et de recours prévus par le droit civil, notamment au titre de la garantie des vices cachés ou du manquement à l’obligation d’information. Il est alors essentiel de connaître les conditions permettant d’agir ainsi que les solutions juridiques envisageables pour obtenir réparation ou remettre en cause la vente.
 

Qu’est-ce qu’une servitude occulte ?


Les servitudes sont des droits réels immobiliers attachés aux fonds sur lesquels elles sont établies. Elles sont protéiformes par nature et peuvent notamment prendre la forme d’une servitude de passage ou de tour d’échelle.

Certaines servitudes sont dites occultes en ce qu’elles sont invisibles à l’œil nu. Elles servent le plus souvent à permettre le passage de réseaux nécessaires à la viabilisation des terrains (électricité, eau, systèmes d’évacuation, etc.).
 

Quels recours s’offrent à l’acheteur ?


L’article 1638 du Code civil permet à l’acquéreur d’un bien grevé d’une servitude occulte de solliciter la résiliation du contrat ou le versement d’une indemnité :

« Si l’héritage vendu se trouve grevé, sans qu’il en ait été fait de déclaration, de servitudes non apparentes, et qu’elles soient de telle importance qu’il y ait lieu de présumer que l’acquéreur n’aurait pas acheté s’il en avait été instruit, il peut demander la résiliation du contrat, si mieux il n’aime se contenter d’une indemnité. »

Cet article pose ainsi deux conditions pour que l’acquéreur puisse mettre en œuvre la garantie du vendeur :
 
  • La servitude doit être non apparente et ne pas avoir été déclarée ;
 
  • Son importance doit être telle qu’elle permette de présumer que l’acquéreur n’aurait pas contracté s’il en avait eu connaissance.

L’acquéreur dispose alors du choix entre obtenir une indemnité ou renoncer à la vente.

Il convient toutefois de préciser que l’importance de la servitude conditionne uniquement la possibilité de résilier la vente. En effet, la jurisprudence a précisé qu’en présence d’une servitude occulte, l’acquéreur a droit à une indemnité, quelle que soit l’importance de la servitude (Cass. civ. 3e, 6 juillet 2023, n° 22-13.179).
 

Que faire en présence d’une clause d’exclusion de garantie ?


Lorsque l’acte de vente comporte une clause d’exclusion de garantie, le vendeur peut opposer cette stipulation à l’acquéreur afin de s’exonérer du paiement d’une indemnité.

Cette clause doit toutefois être rédigée avec soin. À titre d’exemple, une clause stipulant que le bien est accepté « en l’état » ne suffit pas à exclure la garantie du vendeur au titre des servitudes occultes.

Une rédaction précise et explicite est donc nécessaire afin d’assurer la pleine efficacité de cette clause.

Enfin, il est recommandé à l’acquéreur de se renseigner auprès des autorités compétentes avant toute acquisition, afin de vérifier si le terrain ou l’immeuble n’est pas grevé de servitudes occultes.

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